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Visite guidée de l'église de Saint Martin de Laives

Nous sommes à 15 Km de Chalon sur Saône, ancienne église paroissiale de ce village.
Presque millénaire, illuminée chaque soir depuis 1972, on l’appelle à juste titre le phare de la Bourgogne du Sud.
Le monument apparaît dans sa solitude aux voyageurs de la N6, de l’autoroute du Soleil ou de la voie ferrée Paris/Lyon.
Vous avez eu la curiosité de faire un détour pour profiter de ce site imposant. Soyez les bienvenus.

Des vestiges préhistoriques découverts vers 1876 permettent de penser que d’anciennes peuplades se réfugièrent sur ce mamelon entre Saône, Grosne et Grison.
Il est à présumer que les Romains auraient établi un camp sur les restes de l’ancienne station, des vases et des tuiles ayant été découverts sur le site.
Pendant la guerre des Gaules et l’occupation, les légions ne pouvaient choisir meilleur poste d’observation le long du fleuve et de la voie Agrippa.
Après les invasions barbares, sur le point culminant, le christianisme éleva une chapelle sous le vocable de Saint Martin, guerrier évangéliste de la Gaule au 4ème siècle. Cette chapelle était entourée d’un village, à partir des 9ème et 10ème siècles, des écrits l’attestent : désigné Sanctus Martinus in monte, dans d’autres actes Villa Montes, ou simplement Mons (le Mont).
L’église étant dénommée : ecclesia Sancti Martini in monte.
Saint Martin est situé sur le Chemin des Moines chemin de crête qui mène à Cluny.

Cette grande abbaye avait des possessions dans le Chalonnais jusqu’à Beaumont, Givry, Chalon.
Le village primitif a complètement disparu, seule l’église demeure après bien des avatars.
Propriété de l’évêché de Nevers, église et biens sont concédés au 12ème siècle aux bénédictins de Saint-Pierre de Chalon.

Un titre de 1142, précise que cette abbaye possède sur le mont, un prieuré rural, en 1275, ce prieuré est un sous fief des barons de Sennecey Le Grand et fait partie du diocèse de Chalon. Ce fut probablement au 15ème siècle que les bénédictins abandonnèrent le prieuré et établirent un curé pour le remplacer. On observe des transformations architecturales pendant cette période.

La Révolution Française transforme l’église en Temple de la Raison. En 1834, le Conseil Municipal, préoccupé par son mauvais état, décide la construction d’une église neuve dans le bourg. Plus d’inhumations dans le cimetière du Mont.

Abandonné, le monument sert de refuge aux bergers et aux galopins, malgré son classement par les Monuments Historiques en 1905. Pendant la guerre de 14/18, des soldats y sont logés.
En 1944, l’église s’est trouvée au cœur de la bataille de Sennecey Le Grand, pour la libération.
En 1972, le Syndicat d’Initiative de Sennecey le Grand prend conscience de la valeur du monument : une association est créée en 1976.

C’est au nom de cette association de bénévoles que nous sommes heureux de vous accueillir dans ces lieux en cours de rénovation, dont nous allons vous commenter la visite.

Avançons dans la nef, selon la tradition, l’église est orientée le chœur à l’Est, l’entrée au couchant.
La porte d’entrée n’est pas primitive : on l’a ouverte au moment où un porche a été accolé à la façade. On en voit les arrachements et au sol l’emplacement des murs (8m x 12 m).
La fenêtre au-dessus a été percée au 16ème siècle, supprimant à l’extérieur les arcatures lombardes de décoration, existant encore sur les côtés de l’édifice. Au premier abord, ce qui frappe le visiteur, c’est l’absence d’ornements. Le plan basilical, le plein ceintre, l’absence de transept à l’origine permettent le classement dans l’art roman du XIème siècle. C’est un art dépouillé. Chrétien ou athée, cette austérité entraîne au recueillement. On pense aux maçons, guidés par des moines, aux tâcherons qui ont travaillé dans la foi pour édifier ce monument où défilèrent des générations de paysans, d’artisans, de notables, dont beaucoup reposent encore dans le sol de la nef ou des chapelles.

C’est la maison de Dieu et la maison du peuple. Les églises à 3 vaisseaux étaient souvent l’œuvre des moines qui installaient un prieuré. Tel est le cas de Laives. Les collatéraux ou bas-côtés, dans les églises du diocèse de Chalon sont le plus souvent voûtés d’arêtes sur doubleaux. C’est également le cas à Saint Martin. Dans le bas-côté gauche, la 1ère fenêtre est la seule d’origine romane, petite et ébrasée vers l’intérieur. Les autres, agrandies ultérieurement, ne sont pas placées au centre des travées. Les contreforts intérieurs ne correspondent pas aux piliers extérieurs. On voit dans le bas-côté droit des anciennes fenêtres obstruées par des constructions extérieures disparues.
Les emplacements de 2 portes romanes sont bien visibles à droite comme à gauche.

A droite de l’entrée, les fonts baptismaux sont représentés par une cuve sans ornements. La partie romane du monument est donc composée d’une allée centrale, la nef, voûtée en plein centre contrebutée par 2 bas-côtés terminés par 2 absidioles, l’une en cul-de-four, l’autre carrée, voûtée d’ogives parce que reprise au 15ème siècle. Le chœur qui termine la nef est en cul-de-four, c’est une abside semi-circulaire qui fait une grande saillie sur celles des bas-côtés. Cette grande nef est longue de 18 m 30, il y a 3 m 95 de largeur entre les piliers.
Primitivement voûtée en briques, elle fut reconstruite en pierres en 1553, et refaite à l’identique au 18ème siècle. La toiture est en laves, suivant la coutume régionale et repose sans charpente sur les reins de voûtes. Une seule toiture à 2 pentes couvre à la fois nef et bas-côtés. Son poids est énorme 700 Kg/m2, ce qui donne extérieurement un aspect écrasé au bâtiment, accentuée par les contreforts massifs placés au 18ème siècle pour renforcer les murs porteurs. Les voûtes reposent sur 2 rangs de 3 piliers réunis entre eux par des arcs en plein centre de grandeur égale. Ces piliers, massifs, cruciformes sont sans ornements, sans corniche, sans chapiteaux. Contre eux, sont appuyés de petits autels, simples dalles posées sur de larges cubes de maçonnerie.
La dalle du second pilier à droite est une ancienne tombe du 12ème siècle. C’était l’autel de Sainte Anne. Le dernier à droite était dédié à Saint Fiacre. A gauche, au-dessus du second pilier se trouve 2 écussons soutenus par des anges, ils ont été martelés en 1793. L’autel a conservé quelques traces de peintures. C’était celui de Saint Martin le plus orné.

En s’approchant des piliers, on peut observer la construction : seule la pierre a été utilisée, d’importantes carrières se trouvant autour du site. L’église est bâtie en moellons irréguliers, cassés au marteau, liés à joints épais de mortier, comme les maisons villageoises. Les angles, la façade, les contreforts sont en pierre de taille.

L’intérieur des piliers est un remplissage de petit appareil noyé dans du mortier. Un enduit à la chaux, légèrement rosé par le sable recouvrait les murs et même le chaînage des arcs.
En regardant la partie dénudée du bas-côté à droite, contre la chapelle gothique, on peut juger de la technique de construction médiévale. Au 18ème siècle, pour rénover le vieux bâtiment, on a utilisé un enduit de plâtre, une corniche de briques avait été installée sous la voûte centrale. Cet enduit lépreux sera éliminé, il l’est déjà dans le secteur restauré.

Plaçons-nous à l’entrée du chœur. Cette croisée est éclairée par une coupole sur trompes qui soutient le clocher. L’emplacement du clocher au-dessus du chœur a une grande importance. étant placé là, il appartenait aux seigneurs décimateurs de faire seuls les réparations de celui-ci. Une pierre armoriée est encastrée dans la façade extérieure ouest du clocher. La coupole est épaulée au Nord et au Sud par des arcs qui rétrécissent le plan de la croisée, la ramenant à un plan carré. Les pendentifs aux 4 coins permettent de passer à la circonférence du dôme 4 fenêtres romanes l’éclairent, et la lumière entre à flots par le trou ménagé pour les cloches.
Au-dessus, invisible de l’extérieur, une 2ème coupole semblable supporte le faîte du clocher. L’accès n’est possible qu’en passant par le toit. Ce clocher est une tour massive.
Seuls de la région chalonnaise, les clochers de Saint Julien de Sennecey Le Grand et de Saint Martin de Laives ont des toitures de laves à 4 pans, très obtus, portant directement sur les reins d’une coupole sur trompes. C’est le mode de couverture le plus ancien de notre région. La flèche maçonnée plus élégante a dû être employée plus tardivement. Bien que ce clocher n’ait que 20 m au sol, son emplacement au sommet d’une montagne le grandit et lui donne un aspect monumental. Sur chacune de ses faces existent 3 petites fenêtres romanes primitives et 1 fenêtre Géminée ajoutée ensuite.

Nous sommes arrivés sous le clocher, dans la croisée qui précède le chœur. Dans celui-ci, au 15ème siècle, une grande baie gothique a remplacé 3 petites fenêtres romanes dans le but de faire entrer la lumière. Le fond de l’abside, arrondi, a été aplani mais l’ouverture obtenue manque encore de hauteur. Cette partie de l’église vient d’être restaurée. Le placard à gauche, qui avait été muré, a été dégagé. Il servait pour le dépôt des objets liturgiques et des registres paroissiaux. Ont été aussi dégagées les belles niches de pierre taillée cachées par du plâtre au 18ème siècle. Deux croix de consécration sont visibles sur les murs qui avaient été peints. On observera les ouvertures en biais, des hagioscopes, permettant de suivre la messe à partir des chapelles latérales.

Sous le sol du chœur, existe une petite cave qui fut maçonnée vers 1945, au niveau de la marche de l’autel, des éboulements dangereux étant à craindre.Une légende raconte qu’un souterrain existe. Les anciens du pays se rappellent en tout cas, qu’ils sortaient sous les tilleuls après avoir progressé dans un éboulis. Mystère.

Les révolutionnaires voulurent s’emparer des cloches mais les femmes de Laives s’y opposèrent. Malgré tout, deux cloches furent fondues, une autre achetée par la communauté de Saint Marcel-les-Chalon, la dernière descendue en 1831, pour être placée dans l’église du Bourg. A la même époque, furent descendus le Grand Christ du 15ème siècle, la grille de communion, la chaire, des statues et des tableaux qui se trouvent toujours dans la nouvelle église.
En levant les yeux, on voit des orifices ronds dans les voûtes de la coupole et de la nef. Ce sont des cornes de poterie, noyées dans la maçonnerie, elles permettent une acoustique exceptionnelle. Dans cette simplicité de construction, cette technique remarquable date de l’origine du bâtiment neuf fois centenaire. La chapelle Perchey termine le collatéral droit de l’église, elle est voûtée en cul-de-four et éclairée par une baie ogivale. La grande dalle posée comme une marche dans cette chapelle est certainement l’autel primitif du chœur. En 1596, messire François Parie, chapelain, voulut y être inhumé. Sa tombe se trouve devant l’autel.
L’absidiole qui termine le bas-côté gauche a été transformée au 15ème siècle. Une fenêtre ogivale l’éclaire; les murs étaient recouverts de fresques dont on devine la trace, plusieurs époques apparaissent. C’est la chapelle Saint Pierre, deux curés de Laives et un chapelain y sont inhumés. L’entrée de la sacristie donne dans cette chapelle. C’est une chambre carrée avec cheminée, voûtée en plein centre, bâtie à la fin du 15ème siècle, mais détruite et reconstruite.

Entrons maintenant dans la chapelle Nord. C’est la chapelle de tous les saints qui fut fondée en 1476 par Jean Géliot, curé de Couches et originaire de Laives. L’architecture gothique flamboyante apparaît dans l’église Saint Martin à l’occasion de cette fondation. La voûte est ogivale, les nervures des arcs doubleaux retombent sur des culots ornés l’un, d’une tête de fou, l’autre d’un buste féminin, un troisième d'un homme avec bonnet de prêtre, le tout martelé, un quatrième intact, représente un raisin et le soleil.
La grande fenêtre ogivale est cassée. A droite de l’autel, encadrée de deux consoles est une petite piscine. Jean Géliot est enterré au centre de la chapelle, représenté dans ses vêtements sacerdotaux. La clef de voûte représente un christ bénissant sur fond d’azur. Les symboles des évangélistes sont sculptés sur le relief. Comme celle qui lui fait face, cette chapelle était fermée par des grilles de pierre comme on en voit dans la cathédrale Saint Vincent de Chalon. Cet ouvrage fut détruit en 1793. La Chapelle sud offre les mêmes voûtes, mais elle a conservé la grille de pierre ouvragée.

A l’intérieur, on remarque sur les piliers qui la composent, la marque des tailleurs de pierre. Cette chapelle Notre Dame de Pitié fut fondée en 1516 sous François 1er par la famille de La Grange. Son blason figurait sur la porte et les consoles, porté par des anges aux ailes déployées. Une statue de Pietà très vénérée était placée au-dessus de l’autel et on voit son emplacement triangulaire dans le mur mais elle fut brisée par les révolutionnaires. La clef de voûte est imposante : elle représente un Christ bénissant des deux mains. Sur un fond d’azur semé d’étoiles d’or se détachent quatre figures : l’aigle de Saint Jean, le taureau de Saint Luc, le lion de Saint Marc, l’ange à face humaine de Saint Mathieu. Chacune portant sur une banderole le nom de l’évangéliste qu’elle symbolise.

Cette visite se termine en regagnant le cimetière qui entoure le monument. Arrêtons-nous devant quelques pierres tombales.
Dans la nef, le pavage est fait de ces dalles, la plupart anonymes, d’autres gravées : une croix de Malte, une autre gravée tout autour Marie Goujon, jadis femme de Robert. Une pierre tombale dans la nef est celle de la famille Dureaul, « qui décédèrent de peste environ la Toussaint de l’an 1586 ».
Nous voici prêts à sortir de l’église et à passer dans le cimetière qui l’entourait complètement.Les fidèles défunts sont tournés vers l’autel, les tombes des prêtres sont orientées vers le couchant. La croix du curé Demaizière, élevée en 1647 est détruite par les intempéries, mais la tombe de Pierre Meaux, tailleur de pierre est toujours là depuis 1644, parmi bien d’autres.
Au nord, contre les parois de l’église, les restes d'un ancien prieuré sont visibles, cheminées, placards et communication avec l’église. Notre visite est terminée, si vous désirez participer à l’œuvre de sauvegarde vous le pouvez par vos dons ou des achats entièrement destinés à l’association. Vous avez jugé des résultats obtenus depuis 1972, nous continuons.

Merci et bonne route !

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